La bonne Nouvelle de l'économie circulaire n°4
Transformer les déchets en peinture pour réparare après les sinistres
UN PARTENARIAT COMUS & MACIF
Chaque mois, nous mettons en lumière un modèle économique inspirant qui illustre concrètement les réussites de l’économie circulaire.
À travers cette rubrique, nous partons à la rencontre d’acteurs engagés pour comprendre leur projet, leurs motivations et en quoi leur initiative représente une véritable bonne nouvelle pour la transition circulaire.
Découvrez avec cette nouvelle « Bonne nouvelle de l’économie circulaire » , un partenariat inédit entre COMUS et la MACIF et le développement d’une peinture recyclée pour réparer après les sinistres.
Le Groupe COMUS développe une peinture issue de déchets de polyvinyle de butyral, plus connu comme le film plastique présent dans les vitrages de sécurité et les pares-brises. Dans le cadre d’un partenariat entre les deux structures, ces peintures sont désormais en phase de test et d’amélioration pour des applications après sinistres par les artisans mandatés par la MACIF.
Identifier un gisement valorisable en peinture
Au milieu des années 2010, COMUS engage une réflexion pour « faire des déchets une nouvelle ressource », selon Thomas Schaetzle, Directeur technique, responsable nouveaux marchés de COMUS. L’objectif est alors d’identifier des gisements importants de déchets pouvant se substituer aux matières premières issues de la pétrochimie.
Un gisement est donc retenu : le polyvinyle de butyral, ou PVB. Cette matière est présente dans tous les vitrages de sécurité et pares-brises, mais ne possédait aucune filière de valorisation.
L’origine de ce gisement tient en trois étapes. D’abord, le PVB est séparé du verre dans le cadre de la chaîne de valorisation du verre. Ensuite, le PVB ainsi isolé est transformé en résine par un partenaire. Enfin, cette résine est intégrée dans les peintures développées par COMUS, sachant que 100 % de la résine utilisée provient de cette filière de recyclage.
Le résultat est une alternative compétitive : la peinture recyclée s’applique exactement comme une peinture classique en phase aqueuse, issue de la pétrochimie. Elle est également éligible à des écolabels, ne contient aucune matière polluante et vise un prix de revient proche de celui d’une peinture classique. Une large gamme a d’ailleurs été développée, couvrant la peinture murale milieu et haut de gamme, la peinture de sols, ainsi que la peinture pour chantiers de construction.
Un partenariat tourné vers l'avenir avec la MACIF
Mise en relation par Cyneo, la MACIF a lancé une expérimentation visant à utiliser de la peinture recyclée produite par COMUS pour les travaux réalisés chez ses sociétaires après un sinistre.
Cette expérimentation s’inscrit dans la stratégie de l’assureur mutualiste en faveur de l’économie circulaire et en constitue une première étape concrète. Elle ouvre également la voie à de nouvelles opportunités de partenariats avec des acteurs engagés dans le secteur de l’habitat, afin de développer d’autres solutions circulaires.
Responsable Pôle Performance, Responsable Projets et Expertises spécialisées à la MACIF
Du côté des artisans prestataires, quelques freins initiaux ont été observés : changement des habitudes de fournisseurs, préférence pour des produits plus rapides à appliquer et pour des solutions monocouche. Malgré cela, une forte implication a été constatée dans l’expérimentation des peintures recyclées. Du côté des sociétaires, l’accueil s’est révélé très positif, avec des retours particulièrement encourageants et des sociétaires agréablement surpris par le résultat obtenu.
L'expérimentation et les prochaines étapes du partenariat
Une première version du produit, la V1, a démarré ses tests en novembre 2025 auprès de quatre prestataires dans le Sud-Ouest de la France. Une limite a néanmoins été identifiée : ce produit, calibré à l’origine pour des supports neufs, présente un déficit de couvrance sur les supports dégradés par un sinistre. Son atout majeur reste cependant que la peinture est totalement inodore, ce qui procure un double bénéfice : pour l’artisan, une moindre exposition, et pour le sociétaire, la possibilité de réintégrer une pièce refaite immédiatement.
Une deuxième version, la V2, est expérimentée depuis septembre 2026, avec pour objectif d’améliorer la couvrance sur les supports dégradés. En parallèle, COMUS développe une sous-couche isolante, destinée à améliorer encore la couvrance sur les surfaces les plus abîmées.
Les prochaines étapes prévoient un élargissement du test à quatre prestataires supplémentaires en Île-de-France, avec pour objectif une vingtaine de chantiers supplémentaires testés avec la V2 d’ici mi-novembre 2026. La sous-couche isolante développée par COMUS sera testée en parallèle. Si le bilan global s’avère satisfaisant, un déploiement est envisagé à l’ensemble du réseau de prestataires.
































































