L’économie circulaire vue par Corinne Lepage

Corinne Lepage, avocate et femme politique engagée pour la protection de l’environnement, a accepté de répondre à nos questions et de nous parler de sa vision de l’économie circulaire.

Sur le potentiel que représente l’économie circulaire pour notre société, en termes économiques, environnementaux et sociaux ?

L’économie circulaire est probablement la transformation de notre modèle économique la plus susceptible d’être rapidement atteinte et de produire des effets avec un minimum d’effets négatifs pour les activités économiques conventionnelles. En effet, le passage de l’économie linéaire à l’économie circulaire présente des avantages indéniables en termes social (création d’emplois, territorialisation notamment), mais aussi en termes environnemental et économique. Sur le plan environnemental, l’économie circulaire réduit de manière drastique la présence résiduelle de déchets en essayant de voir dans tous sous produits ou coproduits d’un processus de fabrication, dans tout résidu d’un processus de consommation une matière première secondaire potentielle. C’est donc un une économie de matières premières primaires, de déchets et d’énergie. Sur le plan économique, l’économie circulaire nécessite la mise en place de nouveaux process, une innovation très dynamique fondée sur la recherche-développement, l’extension de la responsabilité élargie du producteur qui ne peut aller que dans le sens d’une meilleure intégration de l’économie et de l’écologie.

 

L’économie circulaire est un formidable tremplin pour renforcer l’attractivité et la résilience territoriale. Sentez-vous un intérêt dans les territoires pour ces questions ?

L’économie circulaire rejoint la tendance actuelle du développement des circuits courts notamment dans le domaine alimentaire mais pas seulement. Exigeant une réutilisation au plus proche de la matière première secondaire, l’ économie circulaire est une application de l’écologie industrielle   singulièrement adaptée aux contraintes de l’urgence écologique et de l’adaptation rapide de notre économie. Elle constitue indéniablement une chance pour chaque territoire, en fonction de ses particularités économiques, agricoles, énergétiques, de pouvoir choisir les meilleurs circuits de réutilisation ou à défaut de recyclage. S’inscrivant dans une économie décentralisée, l’économie circulaire ne peut qu’intéresser les territoires et, un certain nombre d’entre eux, ont fait le choix d’être aux avant-gardes de cette évolution.

 

L’exercice de la démocratie est avant tout une aventure citoyenne. Comment la mobilisation des français(es) peut-elle accélérer le virage vers l’économie circulaire ?

La place prise aujourd’hui à la société et par la prise de conscience citoyenne de l’urgence des transformations est le levier le plus puissant que l’on puisse imaginer pour permettre une adaptation aussi rapide que possible de notre modèle économique et par voie de conséquence le virage nécessaire à l’économie circulaire. Dans la mesure où aujourd’hui beaucoup de nos concitoyens comprennent parfaitement les enjeux mais ne savent comment s’y prendre pour apporter à l’édifice une pierre qu’il souhaite apporter, et dans la mesure de leurs moyens financiers respectifs, l’économie circulaire doit être présentée comme une solution économe et sobre permettant précisément aux consommateurs d’être réellement actifs. En choisissant les produits issus de l’économie circulaire, dont l’étiquetage permet de s’assurer du caractère vertueux, le citoyen participe à une économie plus résiliente et par voie de conséquence accélère les mécanismes d’adaptation. Un cercle vertueux peut ainsi se mettre en place encourageant l’économie circulaire grâce à un marché sans cesse croissant.

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